« Le tango c’est de la marche. »
Lancer cette phrase assure à l’auteur l’auréole des plus mythiques milonguéros. Mais c’est une ineptie. Et comme il est toujours bon de mettre un coup de pied dans les idées reçues, je déterre un vieux texte des année 2010.
Alors pourquoi de la marche? Pour ne pas accorder trop d’importance aux figures, l’essentiel du tango serait donc dans la marche. Dans le tour ? Non ! Alors que devant un bal de tango, on ne voit personne marcher mais bien plutôt des partenaires qui semble se tourner autour.
Il ne s’agit que d’une phrase réductrice et néfaste…
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Qu’est ce que la marche ?
La marche est généralement admise comme étant le mode de locomotion de l’homme et de certains animaux, qui posent un pied devant l’autre ; ça rappelle une chanson non ? C’est donc un moyen de locomotion d’un point A à un point B.
La marche (…) vise un objet précis. Elle est un acte dirigé vers quelque chose que notre but est de joindre (Valéry, Variété V, 1944, p.149)
Dans le tango on ne va nulle part !!! Et puis à quoi ressemblerait alors l’assemblée de danseurs tournant en marchant sur une piste, si ce n’est à des fous sur-médicamentés ?
On pourrait éventuellement se rapprocher de la déambulation, mais là encore la notion de déplacement est trop centrale.
Donc non le tango n’est pas de la marche.
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Considérer le tango comme une marche est une idée restrictive qui retarde l’apprentissage du tango.
Suivant cette définition :
– Le danseur est encouragé à enchaîner les pas, le couple se déplace donc énormément. Pratique rédhibitoire pour s’intégrer à une piste de danse.
– Le danseur met un enjeu disproportionné dans sa destination. L’endroit où il va devient primordial. Le danseur a tendance à accélérer son déplacement et à se radicaliser sur chaque appui.
– Le danseur est gêné par les autres couples qui risquent de l’empêcher d’exécuter ses projets. D’où une baisse de la fluidité, de la connexion dans le couple et une improvisation plus difficile, une danse plus rigide.
– La danseuse propulse son corps dans une danse réduite à une somme de déplacements à exécuter, biais encouragé par le vocabulaire woke mortifère « leader » « follower ».
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Le tango est une marche seulement en tant que succession de déséquilibres ! On constate que la seule raison constructive pour laquelle nous pourrions assimiler le tango à de la marche est piétinée à grands coups de talons…
Le tango pourrait être un élan dans l’enlacé de l’autre. Des corps tombant ensembles et des pieds glissant sur le sol, avec flegmes ou de toutes les façons qu’ils voudraient ! Le déséquilibre serait la source de dynamique du couple. On ne verrait alors que des corps qui tombent ensembles infiniment et de mille et une façons, de la poésie et de la musicalité. Le déplacement serait vaincu et le danseur né !














